2018 Extended Summer Mix

15.07.2018

Qu’est-ce qui tient ? Qu’est-ce qui ne se désintègre pas imperceptiblement, rocher parmi les grands rochers qui deviennent sable ? Ou ces tableaux dans les musées qui se craquèlent et s’affadissent. Qu’est-ce qui échappe à l’effritement ? On a beau voir s’ériger des ponts rassurants, bâtis pour une partie de la vie, celle qui fait carrière et nourrit vaguement l’ego. On a beau sentir le sang couler à la bonne pression, le dos rester ferme. On a beau savoir, savoir beaucoup déjà sur l’importance de ce qui arrive, sur l’art du laisser advenir, sur les petits bouchons qu’il faut faire au gré de l’eau. On n’est jamais prêt quand à l’occasion d’un pas anodin, puis d’un autre, on comprend que le sol se dérobe. Qu’à la place de celles et ceux que l’on croyait aux alentours, celles et ceux dont on voudrait attraper le bras, prendre la main, il n’y a personne. À peine quelques inconnus dont on dirait bien qu’ils se moquent.
On ne s’attend pas à devoir voler. Pas si tard. Le plus difficile soi-disant passé. Tandis qu’approche l’heure où l’on imaginait pouvoir faire quelque chose comme vivre. Où l’on voyait se dessiner un retour au calme. Ils s’en sont bien sortis, c’était ce qu’on aurait dû entendre. Ils sont beaux, ils sont heureux.
On n’est pas prêt à voler, jamais. Pourtant il va bien falloir. Pas question de plonger dans cet océan-là, personne ne saurait y nager. Il va bien falloir. Et voler, si ça se trouve, c’est encore mieux que vivre.



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crack of light | les comptes

30.01.2018

Qu’est-ce que l’on retiendra de cette vie-là ? Si on l’arrête, qu’on la dissèque.
Qu’est-ce qui restera ? Qu’est-ce qui importera ?

Nouveau mix pour crack of light.

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Rewind 2017

24.12.2017




Est-ce qu’un texte finira par s’écrire ? Rien n’est moins sûr.


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crack of light | sans un mot

28.11.2017

Depuis quelques semaines, je fabrique des mixtapes pour crack of light, à l’inviation de Manur. Une fois de temps en temps, je poserai ici le fichier à récupérer pour celles et ceux d’entre vous qui aiment encore le son des baladeurs. Celui-ci s’appelle « sans un mot ».

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2017 Extended Summer Mix

15.07.2017

Déjà l’été ? Je ne sens plus ni mes pieds ni la terre ni rien. Mon dos un peu, parfois. J’imagine qu’on flotte. Qu’on vole.
Tant qu’on vit, ça me va.

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Rewind 2016

08.01.2017

J’ai lu des textes, j’ai vu des danses. Des corps grandir. Des visages s’affirmer. Des mots et des fous rires. Leur chaleur nous guide dans la bruine et le vent qui ne s’arrête jamais. Leurs étreintes nous préservent des chutes. Leurs frayeurs concentrent nos attentions. Leurs baisers nous apaisent. Ni dedans ni dehors. Chaque jour embrassé, leur départ à l’horizon. Le sol cette année a montré des signes de faiblesse, s’est effrité par endroits. Mais la forme de mon corps est trompeuse, je suis fait pour les airs. Je me réhabitue à voler.
Ça n’écrit plus qu’ailleurs. Comme travail, à tout instant. Et la nuit s’il fait froid dans un espace encore bien vide où résonnent la voix des morts et les pas des vivants.

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rewind2016

2016 Extended Summer Mix

07.08.2016

summer2016

La lumière, enfin. Et la douceur. Même s’il faudrait pouvoir évaluer l’épaisseur de cette surface, confirmer la solidité du sol. Il y a bien des cris, qui paraissent s’approcher certaines nuits juste avant le sommeil, qui se crispe alors jusqu’à ce que l’air redevienne plus frais. Mais la route les éloigne. Il suffit de circuler sans s’arrêter trop longtemps, qu’importe la direction. On dormira plus tard.

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summer2016

L’album de l’année : Bighand Bigknife

09.07.2016

Bighand Bigknife Winner’s Cup

Après des années à naviguer d’un genre de musique à un autre, passant parfois plusieurs mois à n’écouter que de la soul et du rocksteady sans même voir passer Murray St., j’ai fini par être beaucoup plus radical dans la déconstruction. Fini l’exclusivité temporaire, je veux écouter de tout, tout le temps. Problème : les découvertes de la semaine et autres fresh finds de Spotify ont du mal à suivre. On y trouve bien un disque par semaine à garder dans un coin, mais l’éventail est trop étroit. Pour les guitares qui scient les oreilles et les batteries qui s’enfoncent dans la cage thoracique, je vais voir ailleurs. Dans ce registre, Bighand Bigknife fait parfaitement le boulot. À la texane, comme on dit dans le milieu. On y trouve quoi, me direz-vous ? Rien que de très habituel. Une voix en colère, beaucoup de bruit, une certaine sécheresse, des structures relativement classiques malgré tout. Je ne suis pas très bon en étiquettes, je range tout ça dans mon tiroir noise rock, ça me suffit. Mais, justement, il n’y a pas grand chose dans ce tiroir. La plupart de ces machins m’emmerdent. Trop virtuoses, ou trop poseurs, ou trop metal, ou pas assez violents. Winner’s Cup sonne exactement comme il faut à mes oreilles, le dosage de chaque micro-ingrédients est parfait. Si vous voulez mon avis, on tient là, sans aucun doute, l’album de l’année.

L’album de l’année : Attic Abasement

02.07.2016

Attic Abasement Dream News

— Tu te rappelles ce que tu t’étais juré de ne pas faire lorsqu’on t’a demandé d’écrire à nouveau sur la musique, il y a quelques années ? Ne jamais citer un autre disque ou un autre groupe en parlant d’un album ? Cette manie épuisante de la comparaison foireuse qui a annihilé l’intérêt des chroniques de disques ? Tu te souviens comment ça te rendait fou dans les Inrockuptibles, vers 91-92 ? La déception systématique à l’écoute du disque affilié à Nick Drake ou à Sonic Youth ou à Beck ? La frustration de ne pas comprendre ce que voyaient les journalistes, ni dans le disque dont il était question, ni dans celui qui était pris comme modèle ?
— Bien sûr, oui
— Mais tu vas faire comment, là, pour parler de ce « Dream News » sans évoquer Pavement ? Ou sans utiliser « slacker » parce que c’est pareil , hein.
— Ouais, je sais pas. Je vais dire que Mike Rheinheimer crie joliment, et que ça accentue la fausseté de son chant. Que les tempos des chansons sont un peu tarabiscotés, comme à la grande époque du post-tout et des chemises à carreaux qu’on achetait au poids pour presque rien dans les fripperies. Je parlerai du super solo de Guarantee Jesus. Je dirai qu’on tient là, sans aucun doute, l’album de l’année.