2016 Extended Summer Mix

07.08.2016

summer2016

La lumière, enfin. Et la douceur. Même s’il faudrait pouvoir évaluer l’épaisseur de cette surface, confirmer la solidité du sol. Il y a bien des cris, qui paraissent s’approcher certaines nuits juste avant le sommeil, qui se crispe alors jusqu’à ce que l’air redevienne plus frais. Mais la route les éloigne. Il suffit de circuler sans s’arrêter trop longtemps, qu’importe la direction. On dormira plus tard.

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summer2016

L’album de l’année : Bighand Bigknife

09.07.2016

Bighand Bigknife Winner’s Cup

Après des années à naviguer d’un genre de musique à un autre, passant parfois plusieurs mois à n’écouter que de la soul et du rocksteady sans même voir passer Murray St., j’ai fini par être beaucoup plus radical dans la déconstruction. Fini l’exclusivité temporaire, je veux écouter de tout, tout le temps. Problème : les découvertes de la semaine et autres fresh finds de Spotify ont du mal à suivre. On y trouve bien un disque par semaine à garder dans un coin, mais l’éventail est trop étroit. Pour les guitares qui scient les oreilles et les batteries qui s’enfoncent dans la cage thoracique, je vais voir ailleurs. Dans ce registre, Bighand Bigknife fait parfaitement le boulot. À la texane, comme on dit dans le milieu. On y trouve quoi, me direz-vous ? Rien que de très habituel. Une voix en colère, beaucoup de bruit, une certaine sécheresse, des structures relativement classiques malgré tout. Je ne suis pas très bon en étiquettes, je range tout ça dans mon tiroir noise rock, ça me suffit. Mais, justement, il n’y a pas grand chose dans ce tiroir. La plupart de ces machins m’emmerdent. Trop virtuoses, ou trop poseurs, ou trop metal, ou pas assez violents. Winner’s Cup sonne exactement comme il faut à mes oreilles, le dosage de chaque micro-ingrédients est parfait. Si vous voulez mon avis, on tient là, sans aucun doute, l’album de l’année.

L’album de l’année : Attic Abasement

02.07.2016

Attic Abasement Dream News

— Tu te rappelles ce que tu t’étais juré de ne pas faire lorsqu’on t’a demandé d’écrire à nouveau sur la musique, il y a quelques années ? Ne jamais citer un autre disque ou un autre groupe en parlant d’un album ? Cette manie épuisante de la comparaison foireuse qui a annihilé l’intérêt des chroniques de disques ? Tu te souviens comment ça te rendait fou dans les Inrockuptibles, vers 91-92 ? La déception systématique à l’écoute du disque affilié à Nick Drake ou à Sonic Youth ou à Beck ? La frustration de ne pas comprendre ce que voyaient les journalistes, ni dans le disque dont il était question, ni dans celui qui était pris comme modèle ?
— Bien sûr, oui
— Mais tu vas faire comment, là, pour parler de ce « Dream News » sans évoquer Pavement ? Ou sans utiliser « slacker » parce que c’est pareil , hein.
— Ouais, je sais pas. Je vais dire que Mike Rheinheimer crie joliment, et que ça accentue la fausseté de son chant. Que les tempos des chansons sont un peu tarabiscotés, comme à la grande époque du post-tout et des chemises à carreaux qu’on achetait au poids pour presque rien dans les fripperies. Je parlerai du super solo de Guarantee Jesus. Je dirai qu’on tient là, sans aucun doute, l’album de l’année.

L’album de l’année : Horse Jumper of Love

18.06.2016

Horse Jumper of Love Horse Jumper of Love


Vous vous souvenez du slowcore ? Bruyant, lourd, lent. Un peu emo aussi. J’aimais beaucoup. J’aime toujours beaucoup. Enfin surtout Codeine, en fait. Je ne sais pas qui en faisait d’autres. Low, Spain ? Non non, c’est du Gospel, c’est très différent. En tout cas, c’est le terme qui m’est tout de suite venu en écoutant ces chansons. Slowcore. Sauf qu’on n’y est pas tout à fait. Le son, par exemple, n’est pas énorme. La batterie est un peu planquée dans le garage. Les micros devant les amplis ne doivent pas coûter 500 balles. Disons, que tout ça n’est pas réalisé dans les canons du mastering contemporain. Du Slowcore lo-fi, quoi, s’il fallait résumer.
Ces chansons saturées qui avancent à deux à l’heure, trouées de temps presque immobiles qui laissent la place à une voix un poil torturée : on tient là, sans aucun doute, l’album de l’année.



L’album de l’année : The Goon Sax

11.06.2016

The Goon Sax Up to anything

Un fils de, au premier abord on rechigne, c’est naturel. Sauf si on ne l’apprend que sur le tard, à la rigueur. Et si l’on connaît par ailleurs fort mal la discographie du paternel (jamais été un grand fan des Go Betweens, oui je sais, ça va). Le vrai point d’accroche, soyons honnêtes, c’est Brisbane et cette pop aux timbres si touchants, qui semble littéralement couler à flots depuis la ville. Écoutez-moi cette batterie sans aucune retenue ni technique, cette voix si franche au chant un peu limite, cette basse aux mélodies affirmées, et ses paroles sur la phobie du téléphone ou les mains moites. Je n’isole pas de titres pour donner envie, ni même illustrer : il faut tout écouter. Si possible en mangeant une glace dans une voiture arrêtée sur le parking qui donne sur la plage, ou à vélo, ou le dimanche après-midi en finissant ses devoirs toutes fenêtres ouvertes. Ce disque, c’est la quintessence de la Everett-True-Pop. Qui doit certainement en horripiler certains, mais qui n’a de cesse de me ravir.
On tient là, sans aucun doute, l’album de l’année.

L’album de l’année : Morningface

03.06.2016

Morningface Love

Une guitare acoustique, parfois un orgue. Deux accords, trois à tout casser. Pas mal de réverb. La filiation n’est pas difficile à identifier. Elle pourrait être artificielle, en fait on s’en moque. Sans larsens ni batteries martiales, sans aucune affectation mal placée dans la voix, sans drogues même, probablement, l’hypnose prend tout de suite. Une musique psychédélique complètement nue. Plus encore que celle de ses aïeux qui se sont pourtant évertués à faire minimaliste.
On tient là, sans aucun doute, l’album de l’année.

Rewind 2015

13.12.2015

Ça aurait du être la plus belle des années, elle a été la pire de toutes. Celle qu’ont choisie nos monstres pour nous rappeler au désordre. La mort des proches s’est noyée dans celle de tous les autres. Et dans l’indécence de notre douleur si forte pour ceux-là, alors qu’ils sont ailleurs des milliers. Les jours lumineux, les soulagements, les bonnes nouvelles, les surprises, tout a été balayé de janvier à novembre, couvert de poussière. La paralysie s’est installée et fait depuis son œuvre amnésique. Il faudra attendre avant d’écrire la liste de ce qui est arrivé de bien et de beau. J’ignore tout de l’espoir, s’il en reste. Je ne sais pas si la douleur qui s’est emparée de nos crânes dont le cuir ne semble plus vouloir se détendre finira par s’atténuer. Je n’ai aucune idée d’où cette année va nous mener.

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Rewind 2015 by Starsky on Mixcloud

rewind2015

avant

20.11.2015

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C’était avant. Avant de partir sur la Côte Ouest. Avant de marcher une journée entière pour aller pleurer face au pont et revenir par les plages. Avant de rouler de long en large sur les boulevards de cette ville dont je suis tombé fou amoureux. Avant le soleil. Avant l’été retrouvé, avant les cafés trop allongés et les burritos au petit déjeuner. Les colibris, les écureuils, les routes en lacets parmi les maisons de luxe. Avant les jours de solitude et le silence.
C’était avant le Colorado, sa lumière crue, la neige. Denver et sa population de voitures et de parkings. Avant le grand raout avec les collègues du monde entier que l’on prend dans ses bras comme de vieux amis.
C’était avant le fil d’actualités qui ne tourne pas rond, la nausée au fond de la salle de conférences. Avant les tirs, les bombes, témoin les larmes aux yeux, seul à savoir durant de longues minutes, tremblant. C’était avant la distance de l’horreur, avant l’attente fébrile des traces des proches qui auraient pu mourir. Avant de plonger la tête dans l’ampli d’Alan Sparhawk pour apaiser les douleurs deux heures durant, c’est déjà bien deux heures. Avant le retour sur Paris, les larmes lorsque l’avion s’arrête, le mal de crâne de janvier qui reprend d’un seul coup.

Ils étaient debout tous les quatre. Georgia dansait doucement au rythme de son maillet et de ses balais. Je ne sais plus comment la chanson a commencé. Je crois que c’est à « We were gonna talk all night till I went away » que j’ai décollé. Le monde s’est évanoui. Il n’y avait que sa voix, les boucles des guitares et de la contrebasse qui ne s’arrêtaient pas. Ça n’est qu’une fois Pass the Hatchet bien entamée que j’ai progressivement repris conscience. J’ai attrapé la main de ma fille, croisé le regard de mon frère de l’autre côté, celui d’Emmanuel. Tout le monde souriait.

juillet, à l’ombre de l’acacia noir

11.07.2015

foulesupport

Jeudi 9 juillet, le collectif Acacia Noir passait des disques au Chair de Poule pour la deuxième édition des soirées Foule Support organisées par Marie Martinez. J’y ai fait en tant qu’arnica un set « tout CD. » En voici la version à emporter.

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